Pourquoi diviser par 4 la consommation énergétique d’une maison ?

Pourquoi diviser par 4 la consommation énergétique d’une maison ?

Les enjeux

Le dérèglement climatique

La majorité des scientifiques s’accorde pour dire que la pollution générée par l’homme a fait augmenter la température de notre planète 201 7 °C en I siècle. Les conséquences de ce réchauffement sont multiples. Les glaciers et la banquise fonde, les tempêtes tropicales sont plus fortes, les sécheresses sont plus fréquentes, le niveau des mers augmente… Il semble que notre climat se modifie. Pour faire face au dérèglement climatique, la France s’est engagée, en signant le protocole de Kyoto, a divisé par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. C’est le fameux « facteur quatre », qu’il faut réaliser pour stabiliser le dérèglement climatique. Le but est de faire en sorte que le réchauffement de notre planète n’excède pas 2 °C.

La surconsommation énergétique des bâtiments

En France, le bâtiment produit 23 % des gaz à effet de serre et utilise 46 % de l’énergie primaire. Il est donc prioritaire de s’occuper de ce secteur polluant et gourmands en énergie. Le tableau ci-dessous montre l’état actuel de la consommation énergétique dans les habitations françaises et présente les objectifs à atteindre pour la diviser par 4.

Consommation d’énergie par usages dans les habitations françaises
Usage Bâtiments construits avant 1975 Bâtiments neufs Ensemble actuel Valeurs cibles (objectifs à atteindre)
Chauffage (en kWh/m2/an) 328 80 à 130 210 50
Eau chaude sanitaire (en kWh/m2/an) 36 40 37.5 10
Électricité éclairage et électroménager, en kWh/pers/an) 1000 1000 1000 250

 

La raréfaction des énergies fossiles

La raréfaction des énergies fossiles est inéluctable. Les scientifiques ne sont pas d’accord sur les délais, mais en prenant une fourchette large, nous savons que dans la deuxième partie du XXIe siècle les ressources en pétrole, en gaz et en uranium seront très réduites. D’ici là, une crise énergétique risque de s’installer, avec une flambée des prix de l’énergie. Ces conséquences pourraient être catastrophiques en termes économiques et sociaux. De plus, nous assistons déjà à des conflits internationaux pour le gaz et le pétrole. La raréfaction de ces énergies risque de susciter de nouvelles convoitises et met en danger la paix dans certains pays. Il est donc nécessaire d’anticiper la révolution énergétique des prochaines décennies. Pour cela, un groupe de professionnels de l’énergie a établi un scène scénario qui apporte une réponse réaliste pour passer en douceur du « tout fossile, » au « tout renouvelable » d’ici 2050. C’est le scénario « négawatt ».

La démarche « négawatt ».

Le néologisme « négawatt » est né en 1999, dans le livre la maison des mégawatts de Thierry Salomon et Stéphane Gödel, édité par terre vivante. Les mégawatts représentent l’énergie que nous pouvons économiser sans modifier notre niveau du. Par exemple, si tous les Français éteignaient la veille de leur appareil électrique, nous pourrions économiser 3 % de notre facture d’électricité et fermer un des 56 réacteurs nucléaires français sans aucune modification de notre confort. Le scénario « mégawatts » propose une démarche pragmatique pour réduire notre impact sur le champ le changement climatique et pour répondre aux besoins énergétiques futurs. Il s’organise en trois étapes qu’il faut appréhender dans l’ordre suivant :

 

  • la sobriété énergétique, qui consiste à réduire les gaspillages par des comportements et des choix individuels et de sociétés. Par exemple il est préférable de prendre les transports en commun, d’avoir des habitations plus petites, d’éteindre la lumière quand elle n’est pas nécessaire…
  • L’efficacité énergétique, qui vise à diminuer la consommation énergétique pour apporter un même service. Par exemple les ampoules à basse consommation utilisent cinq fois moins d’énergie qu’une ampoule à incandescence, les maisons « passives » n’ont pas besoin de systèmes de chauffage, les voitures hybrides consomment moins d’énergie…
  • Les recours aux énergies renouvelables, qui sont inépuisables et qui ont un faible impact sur l’environnement.

Si la sobriété l’efficacité énergétique sont bien développées, nous pourrons nous passer des énergies fossiles et nous contenter d’utiliser les énergies renouvelables. En France, nous avons fait beaucoup de progrès en termes d’efficacité énergétique : nos maisons sont mieux isolées, les appareils électroménagers et les ampoules consomment moins d’électricité, etc. pourtant, nous consommons toujours autant d’énergie que nous pensons de sobriété : les nouveaux appareils de communication (ordinateur et boxe pour Internet) sont gourmands en électricité, la climatisation se développe, les réfrigérateurs s’agrandissent… Quant aux énergies renouvelables, elle se développe petite à petit grâce à une prise de conscience de la population et aux nombreuses aides de l’État.
La démarche « mégawatts’ est applicable aussi bien à l’échelle nationale que dans une maison individuelle. Elle servira de guide pour la rénovation de notre habitation.

La réglementation thermique et les labels de performances énergétiques

Une réglementation thermique peu exigeante pour la rénovation

Depuis novembre 2007, la nouvelle réglementation thermique des bâtiments rénovés est en vigueur. Elle n’oblige pas à faire des travaux spécifiques, mais fixe des performances à respecter en cas de rénovation.
Lorsque des fenêtres sont remplacées, les nouvelles fenêtres doivent présenter une performance minimale qui correspond à un double vitrage à isolation renforcée. Quand la toiture est isolée, une résistance thermique R minimale de 4,5 m².°C/W est exigé, ce qui correspond à la mise en place d’environ 15 à 20 cm d’épaisseur d’isolant thermique selon le type de matériau.

Les autres produits du bâtiment sont également concernés : les chaudières, les appareils de chauffage ou les ballons d’eau chaude électrique, les pompes à chaleur, les systèmes de ventilation, les climatiseurs, les poêles à bois… Ils doivent tous satisfaire à des performances énergétiques minimales. Cependant, ces exigences sont peu ambitieuses et ne permet pas de diviser par quatre la consommation énergétique des bâtiments. De plus, comme aucun contrôle est effectué, les rénovations ne répond pas toujours à la réglementation en vigueur.

Une lente prise de conscience

Depuis plus d’une dizaine d’années, la Suisse a mis en place  le label « Minergie Rénovation » pour la rénovation thermique des maisons. Pour l’obtenir, il faut atteindre une consommation inférieure à 80 kWh d’énergie primaire par mètre carré et par an pour le chauffage et le chaude sanitaire. Actuellement, plus de 500 habitations ont été relevées en « basse consommation » en Suisse. Depuis peu, ce label a été importé en France et nous pouvons profiter de l’expérience de nos voisins. La labellisation est un bon moyen de communication, qui amène la preuve qu’il est possible de réaliser des rénovations performantes. Aujourd’hui, les rénovations « basses consommation » en France sont très rares. Elle devrait se développer grâce à la mise en place de ce label et de « bâtiment basse consommation-Effinergie rénovation » (80 kWh d’énergie primaire par mes carrés et par an pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, à moduler selon la zone climatique et l’altitude), auxquels il faut ajouter un test d’étanchéité à l’air. Son résultat pour une maison individuelle doit être inférieur à 0,8 m³/h m2.